Vinissime

06 décembre 2017

AvInture alsacienne au "Clos du Letzenberg" ...

 

 

...Par Stéphanie

et Jean-Victor THOMANN

Domaine du Manoir

 

Commençons par une petite gorgée d'histoire... C'est à la fin des années 70 que Marina et Jean-Francis THOMANN, rejoint par Christophe THOMANN, s'engagent dans la mise en valeur du coteau du Letzenberg. Terroir autrefois réputé pour ses vins, il a été laissé à l'abandon à la suite de la guerre 14/18. Tous trois sont autodidactes, mais leur passion et leur détermination sont immenses. Ils entament de vastes travaux de défrichage puis de terrassement, et procèdent ensuite à la plantation de vigne, à partir de 1979. Le domaine s'agrandit progressivement au fil des ans, pour atteindre aujourd'hui 9 ha de vignes en exploitation, dont 80 % en coteaux. Si la première génération est toujours active, la deuxième génération est déjà présente au domaine pour poursuivre l'oeuvre entamée il y a près de 40 ans. Les vins sont vinifiés au domaine et commercialisés sous le nom de "Clos du Letzenberg".

 

Dégustation clos du Letzenberg

 

La mise en bouche se fait avec un Pinot Auxerrois 2016, seul vin de la sélection ne provenant pas du Clos du Letzenberg, au nez mi-fruité mi-floral.  Plutôt rond, d’une belle texture, son équilibre sec devrait permettre de l’accorder facilement avec des poissons, des fruits de mer ou même des viandes blanches en sauce. Très agréable, il est à consommer dans les deux à trois ans.

Le Riesling 2016, second vin de la dégustation, offre un nez, encore discret à ce stade, sur des notes de minéralité et d’agrumes. En bouche, il se montre assez élégant, plutôt élancé, avec une matière bien mûre et nette dans son expression. Déjà agréable à consommer,  il aura toutefois besoin de 2 à 3 années de garde supplémentaires pour approcher son apogée. 

Deux Pinot Gris « Cuvée Victoria » pour poursuivre. Un millésime 2013 d'abord, en pleine forme, avec une attaque ample et suave, un joli fruit en milieu de bouche et une finale délicieusement fumée. Un millésime 2016 ensuite, qui s’avère plus tranchant, sur une matière riche et ample, équilibrée par une belle fraîcheur. Il conviendra toutefois de l’attendre deux à trois ans de plus pour bénéficier de tout son potentiel. En résumé, deux beaux vins dont le terroir sied éminemment au Pinot Gris, et parfaitement  mis en valeur par le vigneron.

On passe ensuite sur deux rouges, avec un Pinot  Noir barrique 2012, encore légèrement marqué au nez par le bois, mais doté d’une bouche joliment construite sur des tannins bien assouplis. On pourra aisément  le mettre à table en présence d’un petit gibier ou, pourquoi pas, d’un bel onglet de bœuf. Le Pinot noir  barrique 2016, quant à lui, s’exprime sur un beau concentré de fruits. En bouche, une sensation acidulée côtoie une matière ample et bien équilibrée par des tannins fins et harmonieux. Très digeste, il offre un plaisir immédiat aux amateurs de vins jeunes, mais ne perdra rien à attendre quelques années afin d’accompagner une belle côte de bœuf.

Et comme il n’est pas concevable de déguster alsacien sans un Gewurztraminer, nous achevons la soirée avec le 2016 du fameux « Clos du Letzenberg », aux tendres parfums de rose, de litchi, et de fines épices. Sa bouche est d’une grande élégance, sur un équilibre magnifique avec une matière délicieuse d’une grande pureté. La finale, longue et tout en fraîcheur, accentue encore le plaisir que l’on éprouve à savourer ce vin, que l’on pourra encore apprécier sur une  bonne dizaine d’années au moins…

 



     Des remerciements tous particuliers….

 A Stéphanie et Jean-Victor Thomann pour leur professionnalisme, leur gentillesse et leur générosité,

A Gilles et Marie-Laure ainsi qu'à leur équipe, toujours à la hauteur des grands évènements,

et, comme toujours, aux AvInturiers,….pour leur savoir boire 

 



 

 

 

 Vigneron



 

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02 novembre 2017

Déguster bourguignon en Alsace...

 

   

LE MILLÉSIME 2015

du Domaine

Françoise et Denis CLAIR

 

Jean-Baptiste

 

Que peuvent bien avoir en commun le Domaine du Manoir à Ingersheim et le Domaine Françoise et Denis Clair à Santenay ? Une histoire d'amitié débutée au Lycée agricole de Rouffach entre Jean-Victor Thomann et Jean-Baptiste Clair. Si Jean-Baptiste Clair s'en est retourné dans son domaine bourguignon à Santenay alors que Jean-Victor Thomann est oenologue conseil notamment au sein du domaine familial du Manoir a Ingersheim, ils sont restés proches... et ont même épousé deux soeurs. De là à proposer aux Avinturiers d'organiser une dégustation des vins du domaine Clair au domaine du Manoir, il n'y avait qu' un pas, que les Avinturiers ont franchi avec enthousiasme.

Et c'est ainsi que nous avons pu apprécier les vins du millésime 2015 d'un des tout meilleurs domaines de Santenay dans une ancienne écurie alsacienne transformée en salle à manger pour accueillir les hôtes du domaine.

 

 Avec de superbes blancs, pour commencer...

 

Saint-Aubin 1er Cru "Les Champlots" :

Le nez s'exprime pleinement sur la minéralité avec des fragrances de grillé assez charmeuses.

En bouche, le caractère tranchant contraste avec la belle maturité des raisins, offrant une assise et une solidité qui augurent d'un avenir prometteur. Rien de mieux pour entamer les débats !

 

Saint-Aubin 1er Cru "Les Frionnes" :

Sympathique, friand, gourmand, "Les Frionnes" présente un caractère plus enjoué que le vin précédant, et une buvabilité quasi immédiate. Mais ne nous y trompons pas, son acidité sous-jacente promet quelques très belles années de potentiel !

 

Saint-Aubin 1er Cru "Sous Roche Dumay" :

Issue de jeunes vignes, cette cuvée va gagner en profondeur millésime après millésime. Il n'empêche que le 2015, avec sa délicate attaque de bouche, son juste équilibre, sa finale à la fois longiligne et aérienne, témoigne déjà de la race du cru. Très, très belle réussite !    

 

Saint-Aubin 1er Cru "En Remilly" :

Avec un nez fruité déjà bien ouvert, une bouche riche et ample mais sans extravagance, "En Remilly" est une véritable invitation à la dégustation immédiate. Pour autant, il ira loin, au moins huit à dix ans, et gagnera en complexité !

 

Saint-Aubin 1er Cru "Les Murgers des Dents de Chien" :

Le nez, très pur, sublime de subtiles arômes fruités et minéraux accompagnés d'une discrète touche mentholée. La bouche, tendue, structurée, d 'une précision et d'une longueur exceptionnelles, est une véritable ode au Chardonnay. Je parie volontiers sur cette cuvée pour inaugurer un jour l'appellation Grand Cru sur Saint-Aubin. A ne manquer sous aucun prétexte !

 

Murgers des dents de Chien

 

 

...Puis des rouges, tout aussi superbes

 

Santenay 1er Cru "Beaurepaire" :

Minéral et fruité (fruits rouges), bâti sur la finesse et l'élégance, avec des tannins d'une belle souplesse, "Beaurepaire" offre l'avantage de pouvoir être apprécié pleinement dans sa prime  jeunesse, même si 4 à 5 ans de garde ne le déstabiliseront pas.

 

Santenay 1er Cru "Clos des Mouches" :

Sur les fruits noirs et plus structuré en bouche que le vin précédant, le "Clos des Mouches" affiche une belle concentration sur des tannins solides mais civilisés. La présence d'une franche acidité exacerbe et prolonge magistralement le fruit final. Un vin très démonstratif pour amateur de sensations fortes !

 

Santenay 1er Cru "Clos de la Comme" :

Un peu plus rond et plus soyeux, à ce stade, que le Clos des Mouches, le "Clos de la Comme" dégage une sensation de plénitude. Concentré et profond, doté de magnifiques tannins, il peut déjà satisfaire les plus impatients. Mais nul doute qu´il récompensera encore d'avantage ceux qui auront la sagesse de l'attendre 4 à 5 ans de plus !

 

Santenay 1er Cru "Clos de Tavannes" :

Discret à l'ouverture, le nez s'ouvre par vagues aromatiques successives sur des parfums d'une complexité, d'une finesse et d'une pureté incroyables . Loin de décevoir, la bouche amplifie l'intérêt pour le potentiel de ce nectar par le calme et la précision d'une matière splendide soulignée de tannins parfaitement ciselés. Ici également, le rang de Grand Cru pourrait être envisagé... Pour preuve, le millésime 2010 du même vin, ouvert généreusement par le viticulteur, qui se situe dans la même veine, sur des notes à peine plus évoluées... Un délice absolu !  

  

Clos de Tavannes



   Des remerciements tous particuliers….

A Jean-Baptiste CLAIR pour son professionnalisme,

sa gentillesse et sa générosité,

A Jean THOMANN, pour la qualité de son accueil et son sens de l'organisation,

et, bien sûr, aux AvInturiers,….pour leur savoir boire !

La dégustation

 



  

Dicton

 



 

05 octobre 2017

RENTREE PIEMONTAISE POUR LES AVINTURIERS AVEC....

 

RHONALIA

par son ambassadeur...

JONAS

 

Jonas

C'est avec toujours la même ferveur que nos AvInturiers se sont retrouvés pour une nouvelle saison dans leur fief  Au CANON d'OR en compagnie de leur caviste, désormais fétiche, RHÔNALIA, afin de découvrir (ou redécouvrir) l'un des berceaux de la viticulture européenne : le Piémont, région du nord-ouest de l’Italie. Limitrophe avec la Suisse et la France, le Piémont est, comme son nom l'indique, la terre des montagnes: elle est entourée sur trois côtés par les Alpes, qui comprennent ici les sommets les plus élevés et les glaciers les plus importants d’Italie. 

En expert, le tout jeune mais talentueux JONAS a brossé un tableau relativement exhaustif de ce fief viticole : histoire, géologie, cépages... le tout, bien sûr, accompagné de breuvages, judicieusement sélectionnés comme il se doit...

Pour preuve, le premier vin, seul blanc de la soirée (la région est plus réputée pour ses rouges), un Langhe Bianco 2014 du Domaine Ferdinan Principiano. Issu d'un vieux cépage piémontais, le Timorasso, ce vin constitue une parfaite entrée en matière. Le nez joliment parfumé sur des notes florales et minérales est une invitation au plaisir des sens. La bouche, construite autour d'une matière pure, affiche un caractère droit et tranchant capable de stimuler les papilles les plus endormies.

La dégustation des rouges débute avec un Langhe rosso "Marapika" 2013 du domaine Elio Sandri. Voilà un joli petit "breuvage" de copain. Frais, sur les fruits rouges, il désaltère ; c'est bien ce qu'on lui demande et il y répond parfaitement !

Un peu plus de matière et de structure avec le Barbera d'Alba 2012 du domaine Cascina Fontana. Typique de l'appellation, ce vin présente le côté fondu du millésime. Elevé en foudre, son boisé reste cependant discret, ce qui lui permet une grande digestibilité.

Sur des parfums de fruits rouges et de ronce, le Langhe Freisa 2012 du domaine Bartolo Mascarello est un vin de curiosité ; le cépage Freisa ne se trouve que dans le Piémont, mais en quantité. Léger et gourmand, avec un petit côté perlant, il rafraîchit magnifiquement la bouche au point que certains le serviraient en apéritif. Pour ma part, je tenterais bien une volaille !

Puis l'on poursuit avec un vin de caractère, le Langhe Nebbiolo 2015 du domaine Guiseppe RINALDI. Certes, compte-tenu de sa jeunesse, il lui faut un peu de temps pour révéler toute sa complexité. Mais le moment venu, nous ne sommes pas déçus : il s'ouvre par paliers sur des notes de fruits rouges et noirs, de pétales de roses, de cacao et d'anis. En bouche, il a déjà trouvé son équilibre mais aura besoin de quelques années pour digérer pleinement son bois, nous livrer pleinement son potentiel et satisfaire les amateurs de grands Nebbiolo !

Aromatique, plus floral que fruité, le Barolo 2011 du Domaine Cascina Fontana 2011 joue sur la digestibilté et l'élégance. Il s'apprécie déjà merveilleusement bien, mais gageons qu'il ira encore crescendo sur quelques années sur une belle pièce du boucher. 

Le Barolo Monprivato 2011 du domaine Guiseppe Mascarello constitue le point culminant de la dégustation. Complexe, harmonieusement équilibré par des tannins parfaitement ciselés, doté d'une longue finale, c'est ce que l'on appelle un grand vin. Il nous semble prêt à boire, mais son potentiel de garde est énorme !

Nous achevons notre dégustation avec un Barolo Chinato du domaine Cappellano. Ce vin muté et aromatisé selon une recette traditionnelle élaborée dans les années 1920 par le docteur Cappellano présente un nez original sur des notes de cacao, d'agrumes et d'épices. La liqueur, bien dosée, lui confère une parfaite digestibilté. Il devrait superbement accompagner des desserts chocolatés. A tenter !

  

Piemont

 Les stars de la soirée !

 



  

 Et, comme il se doit,

des remerciements tous particuliers…

A  Jonas de Rhônalia, pour ses choix judicieux, son professionnalisme, son enthousiasme...,

A tous ces viticulteurs piémontais qui portent haut les couleurs de l'Italie viticole,

Au Canon d’Or, qui se surpasse toujours et encore pour accorder les mets aux belles bouteilles dégustées,

Aux AvInturiers,… pour leur savoir boire !

  



 

Il est des nôtres

 



  

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03 septembre 2017

RENAISSANCE ET GRANDEUR DU VIGNOBLE DE CHARCENNE PAR...

 

...Xavier GUILLAUME !

 

Avec Xavier

 

Installée depuis 1732 en tant que viticulteurs, la famille GUILLAUME pérennise une tradition viticole haute-saônoise plus que millénaire dont on retrouve trace en 1049 dans un écrit du pape Léon IX. A cette époque, la prospérité du terroir de Gy et de Charcenne était due aux archevêques de Besançon qui, en œnophiles avertis qu’ils étaient, on réussit à exporter leurs vins à la table des plus grandes cours européennes à partir du XVème siècle.

L’épidémie de phylloxéra, qui touchera d’ailleurs la  plupart des vignobles de la planète au cours du XIXème siècle, contribuera en grande partie à la fin de la notoriété de ce vin.  

En 1895, l’épidémie touchant à sa fin, Albert et Modeste GUILLAUME commencent un travail de greffe de la vigne  en même temps qu’ils créent la pépinière viticole. Génération après génération, l’activité croit et l'entreprise est aujourd’hui le 3ème exportateur mondial de plants de vigne.

Reconquérir ses lettres de noblesses et retrouver le rang qui était le sien, face aux grandes régions viticoles que sont le bordelais, la Bourgogne ou encore la Champagne, est une tout autre affaire. Face à ces géants, la petite région haute-saônoise ne pèse pas bien lourd avec ses quelques dizaines d’hectares, se retrouvant (même aujourd’hui encore !) comme la seule région viticole française non répertoriée sur la carte du vignoble français ! Abandonné des grandes tables, le vin perd de sa notoriété et finit par renvoyer l’image d’un breuvage ordinaire tout juste bon à désaltérer.

Mais, c’était sans compter sur le courage, l’abnégation et l’ingéniosité d’un homme : Xavier GUILLAUME, qui utilise son vignoble comme champ d’expérimentation non seulement sur le Pinot Noir et le Chardonnay (qui bénéficient d’une IGP) mais également sur d’autres cépages plus atypiques pour la région comme le Riesling, le Sauvignon, le Merlot, le Sangiovese…et j’en oublie !

Xavier gère la vigne avec une exigence toute particulière : la plupart des tâches sont réalisées à la main et les sols régulièrement travaillés afin de préserver la vie microbienne et le bon développement racinaire et foliaire de la plante. Il effectue également d’importants investissements en cuverie afin de permettre un accompagnement le plus adapté et le plus précis aux différentes cuvées qu’il élève, porté par un savoir-faire acquis et développé depuis plusieurs générations !

Tous ses vins, qu'ils soient à destination d'une consommation immédiate ou bâtis pour régaler les générations futures, sont à son image : sincères, généreux et conviviaux.

Les dégustations au caveau n'ont qu'un seul défaut : ce sont généralement de vrais marathons et  cela requiert de l'entraînement, beaucoup d'entraînement. Cette fois-ci, nous dégustâmes pas moins de 35 cuvées... sur près de 5h00 !

N'ayant pas le courage, ni la force de les passer toutes au peigne fin,  je me permettrais donc d'en commenter une petite sélection...

Nous entamons les épreuves avec le tout jeune Riesling 2016 qui nous offre un nez encore discret mais agréable, sur de délicieuses notes fruitées et minérales. La bouche est riche, avec toutefois une belle élégance et une finale tout en fraîcheur. Il fera autant le bonheur des initiés, qui trouveront en lui un intéressant potentiel de vieillissement, que celui des néophytes à la recherche d'un plaisir immédiat.

Le Sauvignon 2015 présente un nez un peu plus ouvert que celui du vin précédent mais tout aussi agréable. La bouche séduit par son intensité et son envergure avec une longue finale sur des notes d'agrume. On s'en ressert... sans rechigner !

Quand vient le tour du "simple" Chardonnay 2015, on est véritablement scotché : le nez est expressif sur des notes fruitées et beurrées. La bouche est mure, équilibrée et persistante. Un vin absolument remarquable, à présenter dans toutes les écoles.... bourguignonnes !

Puis on s'attarde plus longuement sur les cuvées Chardonnay "Collection"...

 

Chardonnay Collection

 

Chardonnay Collection "A Mon Père" 2013 : Un grand style avec une tension et une pureté hors du commun. Beaucoup de volume, de profondeur et une finale à couper le souffle pour ce vin bâtit pour les générations futures !

Chardonnay Collection "A Mon Père" 2010 : Dans la même veine que le précédent, à un stade à peine plus avancé. Etonnant de volume et de tension, il développe une grande intensité. Il est déjà fort délicieux et se goûte déjà parfaitement. Mais que l'on ne s'y trompe pas, il ira loin, même très loin !

Chardonnay Collection "A Mon Père" 2009 : Un beau volume en bouche souligné par un fin boisé. Profond et d'une grande richesse, il faudra encore attendre quelques années afin qu'il libère toute son énergie. Quoi qu'il en soit, je le trouve déjà très gourmand ! 

Le passage aux rouges s'effectue avec le Gamay 2015 : Tout simplement une tuerie ! On croque sur le fruit avec un sentiment  de fraîcheur absolue. Peut se comparer à bien des crus du beaujolais...

Pour le Pinot Noir "Vieilles Vignes" 2015, Il est nécessaire de patienter quelques longues secondes en agitant le verre pour mériter, enfin, ses délicieux parfums de petit fruits noirs. La bouche est bien équilibrée et le vin se goûte merveilleusement bien, même si quelques années de plus lui donneront la complexité qu'il mérite !

Puis, bien sûr, passage obligé par les cuvées Pinot Noir "Collection"...

 

Pinot Noir Collection

 

Pinot Noir Collection "A Mon Père" 2013 : le boisé est encore un peu présent mais n'entrave en rien le format de ce vin dont le fruit est transcendé par une énergie impressionnante. Une réussite totale dans un millésime pourtant assez délicat. 

Pinot Noir Collection "A Mon Père" 2010 : dans la même lignée que le 2013, le vin présente une buvabilité immédiate qui séduira les amateurs les plus exigeants. Tout en dentelle, ce vin n'est pas sans nous rappeler les séducteurs 1er crus de Chambolle-Musigny. Essayez-voir à l'aveugle...

Pinot Noir Collection "A Mon Père" 2009 : Grande concentration, beaucoup de mâche et puissance dans l'équilibre, le vin peut ravir les amateurs de grandes sensations. Pour les esthètes, il faudra vraisemblablement attendre 8 à 10 ans que les éléments se fondent avant de pouvoir commencer à l'apprécier au niveau du potentiel qui est le sien. Une bombe... à retardement !

Les splendides Payen (ou Savagnin, c'est la même chose !)....

Payen 2015 : Une matière riche mais transportée par une fine acidité qui confère au vin l'élégance et la buvabilité qui manquent bien souvent aux Savagnin dans leur prime jeunesse. Excellemment réussit ! 

Cuvée des Archevêques 2009 : grand Jaune... de Charcenne, bien sûr, mais tout y est, avec la finesse et la délicatesse des meilleurs AOC jurassiens. Bien sûr, plusieurs décennies de garde !

Et l'on finit par quelques bulles rafraîchissantes ...

Flûte enchantée (assemblage de Chardonnay, Pinot Noir et Pinot Meunier) : bulles fines mais persistantes avec beaucoup de fraîcheur et de peps. Ça désaltère, et pas seulement avec un rapport prix/plaisir totalement ex-ce-ption-nel !

Fusion : Assemblage de Gamay, Pinot Noir et...Sangiovese, ce pétillant, élevé très longuement sur lattes, offre beaucoup de complexité et une fraîcheur détonante ! A découvrir absolument !

Fusion

Voici un court résumé de ce "marathon des vins" parcouru cet été, au pays de Charcenne.

Une rencontre extraordinaire avec un personnage qui ne l'est pas moins et qui, à lui seul, mérite le voyage !

Merci Xavier pour ton grand coeur et un grand bravo pour l'ensemble de ton oeuvre !

 



 

   

Soyez créatif !

 



 

 

  

28 juillet 2017

Eve MAURICE, artiste vigneronne

 

 Domaine les 

BELIERS

AOC MOSELLE

Eve

 

On n’est jamais vigneron par hasard. En Moselle, le vignoble le plus septentrional de France, encore moins qu’ailleurs.

Car c'est là que, dans les années 80, quelques vignerons ambitieux décident de prendre le taureau par les cornes en vue de réhabiliter un vignoble décimé par le phylloxéra au début du XXème siècle : de 323 ha en 1898, il ne comptait plus que 3 ha en 1985. 

Aujourd’hui, 65 ha sont à nouveau exploités, dont 50 hectares en AOC. L'appellation obtenue en novembre 2010 permet aux Vins de Moselle de s'exporter désormais hors des frontières de l'hexagone.

Après le Domaine JASPARD, il y a quelque temps, j'ai visité le Domaine "Les Béliers", une exploitation familiale créée en 1983 par Michel et Robert MAURICE.

Aujourd'hui, c'est Eve MAURICE, oenologue, qui en tient les rênes, et qui exploite avec son père et son frère cinq hectares et demi de vignes situées à Ancy s/ Moselle.

Et la jeune femme est douée !  Elle élabore ses vins comme un sculpteur façonne ses oeuvres, dans le plus pur respect du terroir et du cépage, et aussi du millésime. 

Qu'ils soient dédiés à une consommation immédiate pour les petits plaisirs quotidiens ou bâtis pour une garde plus longue et une cuisine plus élaborée, ils portent tous  la même signature : celle de l'autenticité !

 

 Les plaisirs immédiats...

 

Auxerrois 2016 : Le nez évoque les fleurs blanches soulignées d’une discrète touche minérale. Franc en entrée de bouche, le vin trouve un juste équilibre sur la fraîcheur, entre une  acidité mesurée et une matière tendre. On l'appréciera en apéritif et bien sur aussi sur une quiche...Lorraine, évidemment !

Pinot gris 2016 : Le nez laisse échapper de fins arômes fruités et minéraux. Une rondeur en attaque précède une bouche tendre, gourmande, dotée d'une belle pureté. Le tout se prolonge par une finale saline au goût de "reviens-y !" Sans hésiter sur une belle volaille. Très belle réussite !

Champ libre 2016 : Un beau Gamay, mi-fruité, mi-floral, un rien épicé  à savourer dans sa jeunesse. Une légère amertume en fin de bouche qui ne contrariera pas un mariage avec un beau plateau de charcuterie, bien au contraire.

Rosé 2016 : Joli vin sur les fruits rouges, il nous rafraîchit en profondeur…jusqu’à l’âme ! A savourer en apéritif ou sur des petits poissons de rivière grillés.

Pinot Noir 2016 : Une version gouleyante et fruitée d’un pinot noir qui a pour vocation de nous désaltérer, mais pas que…Bien constitué, avec une belle finesse qui sied tant au cépage, il ne manque pas de profondeur et de vitalité. Il pourra ainsi se marier avec des mets aussi divers que les viandes blanches, les poissons grillés ou les fromages tels que Tomme des Bauges ou Reblochon.

 

...Et ceux qui  méritent  les grandes occasions !

 

La vigne aux Oiseaux 2015 : Un nez ouvert sur les fruits jaunes et exotiques avec une pointe de minéralité, une bouche tendre et onctueuse soutenue par une belle acidité, voilà un vin subtil et distingué qui est voué à un bel avenir. On l’appréciera sur des poissons de rivière, de belles volailles ou encore un plateau de fromages.

Rubis 2015 : Voici certainement un Pinot Noir digne de ce que l’on peut attendre de mieux sur l’appellation. Un beau jus noir, concentré sur de beaux arômes de cerise. Ample, généreux, prolongé d'une longue finale sur la fraîcheur, il accompagnera idéalement une belle pièce du boucher. Magnifique !

 



 

 

La vigne aux oiseaux

La Vigne aux Oiseaux...

 

Les Vignes

...Et La Vigne...Tout court !

 



 

Tableau

 



 

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