...LE DERNIER

DES

CATHARES !

ou

Rendez-vous sur les terres du vin

le plus cher du Languedoc...

 

David PAMIES

Notre seconde étape nous conduit à Vialanove, un charmant petit hameau, en apparence..., aux confins de l’appellation Minervois, à la rencontre de… David PAMIES (Domaine KHALKHAL-PAMIES).

David Pamies est un homme courageux, au caractère bien trempé et, lorsqu’il achète ses premières vignes et crée son domaine sur le causse, il sait que la tâche qui lui incombe n’est pas facile : le climat y est rude (très froid l’hiver, chaud et sec l’été, venteux), le sol rocailleux et le terrain accidenté. Les bâtiments doivent être réhabilités, tout comme les parcelles de vignes, dont certaines doivent être replantées. Peu importe, il est déterminé et sait qu’il peut compter sur son épouse Danielle pour l'épauler au quotidien.

Mais d’autres épreuves, auxquelles il ne s’était pas préparées, vont rapidement l’accaparer. David est un étranger pour la bourgade. Il habite à une vingtaine de kilomètres de son exploitation, mais pour les gens du coin, il est considéré comme un allochtone. Alors on l’observe, on l’épie même. Il faut dire que ses méthodes culturales sont …un peu « particulières » pour les indigènes : il taille court, travaille les sols mécaniquement, vendange manuellement, se passe de tous produits physio sanitaires…Bref, il est d’un autre monde. Et comme si cela ne suffisait pas, ses vins, qui gagnent année après année en profondeur et en complexité, finissent par s’apprécier, et bien au-delà de l’appellation, même à l’étranger. Son nom commence un peu partout à être cité en référence, presque jusqu’à faire oublier le reste de la production locale.  Alors là, c’en est trop ! Comment peut–on tolérer qu’un étranger vienne ainsi faire la nique aux locaux ?

Pour lui commence alors ce qui pourrait être comparé à une descente aux enfers : on lui vide des cuves, on lui vole ses outils, on lui tague son tracteur, on le menace verbalement et physiquement. On l’accuse même, faux témoignage à l’appui, d’agressions physiques.  La réalité dépasse la fiction … rien ne lui est épargné !

Mais David ne s'en laisse pas compter. Tel Raymond Roger TRANCAVEL face aux croisés du pape en 1209, il livre une résistance hors du commun. Il déploie une énergie considérable pour faire éclater la vérité et garder son honneur. De là à penser que, lors du prélèvement de son ADN (et oui, on est allé jusque là !) destiné à prouver son innocence, les gendarmes ont pu découvrir qu’il y avait un lien de parenté direct avec le jeune vicomte, il n’y a qu’un pas…d’autant plus que les trésors liquides reposant au fond de son chais pourraient fort bien avoir pu été élaborés avec le fameux Graal, le trésor tant convoité... des Cathares !

 

La Grande Dégustation :

 

La grande dégustation

 

Les 2013 étant encore en cours d’élevage, nous avons uniquement goûté sur cuve Kalys (le premier vin du domaine) ainsi que la dernière nouveauté de David : 2T3B. Même s’il est un peu tôt pour se forger un avis définitif, Kalys est dans la droite ligne des 2011 et 2012, fruité et équilibré avec la fraîcheur et le tranchant qui incombent au millésime. Il faudra l'attendre un petit peu plus que ses prédécesseurs pour avoir le plaisir de le voir s’exprimer pleinement, mais « la patience est mère de toutes les vertus » dit-on !  2T3B, le petit nouveau, a du coffre, de l’ampleur…Un vrai combattant. Sans doute que son style n’est pas étranger aux dernières épreuves subies par David !

 

Kalys 2012 (Carignan, Grenache, Syrah) 

Rond, fruité, équilibré. On peut l’apprécier à sa juste valeur dès aujourd’hui, mais il se gardera facilement 2 à 3 ans de plus. Ce vin que l’on peut acquérir aux alentours de 7 € chez le caviste est d’un rapport prix/plaisir tout à fait ex-cep-tionnel !

 

Plaisir des Lys 2012 (mêmes cépages)

Cette cuvée pourrait être considérée comme la grande sœur de la précédente, avec un soupçon d’amplitude en plus. De jolis fruits rouges et noir avec une pointe de zan caressent finement le palais. Un « plaisir des sens » !

 

Loriza 2011 (mêmes cépages)

Ce vin nous fait franchir un nouveau palier dans la dégustation, et tout en retrouvant les caractéristiques de la famille, nous sommes ici en présence du grand frère des deux premiers. Très frais, longiligne avec un caractère bien trempé, ce vin révèle une belle complexité sur les fruits noirs, l’encens et la minéralité.

 

Lauraire des Lys 2007 (65 % syrah, 35 % Carignan)

Un vin d’esthète, que du bonheur ! Un nez fin et complexe avec une dominante de fruits rouges (fraise, framboise, groseille), une pointe de réglisse, un soupçon de poivre de Sichuan, le tout transcendé par une exquise minéralité. L’attaque est toute en dentelle et la matière tapisse parfaitement la bouche, mais sans lourdeur. Longue finale fraîche et fruitée.

 

Vin de Table Rase

C'est la cuvée phare du domaine. Elle n’est produite que lorsque le millésime le permet, mais ses assemblages et  conditions d’élevage différent habituellement d’une fois sur l’autre, David privilégiant la quintessence du millésime …

VdTR 2009 : assemblage des meilleures parcelles du domaine . Goûté une première fois il y a 2 ans et demi, alors qu’il était encore en cours d’élevage (et oui, le vin passe 41 mois entre barrique neuve et cuve !), ce vin présentait un potentiel incroyable… Aujourd'hui, il a trouvé un équilibre majestueux entre puissance, finesse et complexité, mais il est encore loin de son optimum. Une bombe de saveurs… à retardement !

VdTR 2010 : 100% Carignan, 100 % divin. Voici une très, très grande expression du cépage. Au nez comme en bouche, les superlatifs me manquent tant ce vin semble survoler la planète de ses congénères… Malheureusement, ce nectar est produit en très petite quantité, à un prix (240 € !) s’élevant au dessus de tous les vins de l’appellation !

VdTR 2012 : on revient sur terre…ou presque, avec cet assemblage (1/3Carignan, 1/3 Carignan, 1/3 Grenache). Peut-être le plus classique des 3, mais pas le moins élégant, loin s’en faut. Il faudra le regoûter d’ici 2 à 3 ans, mais il y a fort à parier qu’il ira très loin.

D’autres nectars, en plus de ceux goûtés au chai, ont complété cette dégustation au domicile de notre hôte, accompagnés par les délicieux mets mitonnés par Danielle, dont les talents culinaires complètent à merveille les talents de vigneron de David : il y eut notamment Loriza 2005 et Lauraire des Lys 2002, deux authentiques pages d’histoire, déjà, du domaine Khalkhal–Pamies, et bien d'autres encore, plus fabuleuses les unes que les autres... Généreux dans ses vignes, David l'est aussi à sa table !

Gageons que si la route de Goscinny avait pu passer par le domaine Khalkhal-Pamies, nous pourrions lire aujourd'hui les aventures d’un certain Davidix défendant ses terres face aux croisés du Pape Benoit VIII… Et le héros de s’exclamer :


Davidix

 



 Vins en Chine