TRAPET ALSACE

et

TRAPET BOURGOGNE

 

Avec andrée et Jean-Louis Trapet

Et si, le temps d'une soirée, on se mettait à rêver à une grande région réunissant l'Alsace et la Bourgogne ? Impensable me direz-vous... C'est bien pourtant cet évènement qu’ont créé, de façon éphémère certes, nos AvInturiers  en présence du couple de viticulteurs Andrée et Jean-Louis Trapet à la tête des prestigieux domaines de Riquewihr et de Gevrey-Chambertin. Sublimés par la cuisine de Gilles Reeb, maître queux du restaurant « Au Canon d’Or », les vins se sont fait les ambassadeurs de leurs terroirs respectifs. Voyez plutôt …

Côté Alsace...

En Alsace, comme en Bourgogne d'ailleurs (nous le verrons plus en avant de notre dégustation), le domaine propose en entrée de gamme une cuvée appelée "A Minima".

A Minima 2013 est une cuvée issue d'un assemblage de presque tous les cépages alsaciens... Le nez est fin et délicat sur des notes d'agrumes et de fleurs blanches. La bouche est fraîche, bien équilibrée, avec un côté presque salin qui lui offre une grande digestibilité. Aucune trace d'oxydation n'est perceptible malgré l'absence de soufre pendant l'élevage. Très réussi !

C'est ensuite trois Riesling que nous dégustons :

Le Riesling RIQUEWHIR 2012 possède un nez encore discret mais fin. A ce stade, le fruit prend encore le pas sur la minéralité. La bouche est "délicieusement" tendue, énergique, d'une belle pureté avec une allonge très gourmande. Une vraie tentation...

D'une belle densité, le Riesling SCHLOSBERG 2011 nous fait franchir un palier supplémentaire, affichant de belles notes de minéralité entremêlées à de riches arômes floraux. Intense, grasse, la bouche est serrée et concentrée avec une finale soulignée de tendres amers. Que c'est bon !

Un peu plus discret à ce stade, mais encore plus fin et plus complexe que le précédent , le Riesling SCHOENENBOURG 2011 aura besoin de quelques années de plus pour fondre ses sucres résiduels. Néanmoins, juteux et pulpeux à souhait, sa finesse de texture est impressionnante. Splendide vin de gastronomie pour l'achèvement de cette première partie avec, il accompagne avec éclat le carpaccio de poisson au poivre rouge concocté par Gilles...

 

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Côté Bourgogne...

Même si le passage aux rouges est un peux difficile pour nos papilles, il n'en demeure pas moins que la cuvée bourguignone A Minima (assemblage de gamay et de pinot Noir) s'avère être un joli vin de fruit, un vin de plaisir que l'on n'hésite jamais à ouvrir en présence de copains ...et de quelques charcuteries bien choisies !

Nous poursuivons avec un Marsannay 2012, tout en finesse sur le fruit, avec une bouche qui séduit par son équilibre et l'élégance de ses tannins. A n'en pas douter, ce vin bien construit contribuera, dans un avenir que nous espérons proche, à l'obtention du titre de Premier Cru que l'appellation attend depuis de nombreuses années.

Issue des plus vieilles parcelles du domaine (dont la plus ancienne a été plantée en 1913) la cuvée Ostrea 2012 nous fait faire un bond prodigieux dans le monde des grands vins ! Très raffiné sur son fruit, somptueux de corps avec une allonge impressionnante, ce Gevrey-Chambertin gagnera en complexité avec le temps pour défier allègrement les meilleurs premiers crus de l'appellation !

Et enfin, pour clore magistralement la partie bourguignonne, voilà le Chambertin 2000 ! Il est très difficile de décrire un si grand vin tant il impressionne par sa complexité, sa finesse, son équilibre, son allonge... Il enchante, il éblouit, alors qu'il est encore très loin de son apogée ! Du grand art !

Tout comme l'accord acec la pièce de boeuf sélectionnée et cuisinée par Gilles... 

 

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Chambertin 2000

 

Et nous voilà de retour en Alsace pour clore cette dégustation, avec le Gewurztraminer Grand cru Sporen 2011, tout en élégance sur le fruit, la minéralité et les épices. Ses 26 g/l de sucres résiduels sont adroitement équilibrés par une acidité salivante qui prolonge une finale d'une fraîcheur étourdissante.  

Il est pratiquement minuit lorsque nous pensons que ce merveilleux conte va s'achever, mais c'est sans compter sur Gilles qui, son service terminé, débouche un Tockay d'Alsace 1947 de L. Landwerlin dont la robe d'un or sombre et brillant illumine la salle du restaurant. Passé la réduction due aux années "d'enfermement", le vin se révèle peu à peu dans le verre, laissant s'échapper de magnifiques fragrances de cire d'abeille, de coing, de miel, et une multitude d'autres senteurs difficilement identifiables du fait de la complexité aromatique. La bouche laisse deviner une matière riche, dont les sucres ont été totalement digérés au fil des décennies, pour apporter à ce nectar la patine qui sied tant aux vins ancestraux.

 

Tockay 1947

 

Et parce que, décidément, nous n'arrivons plus à nous quitter, Gilles ouvre encore un Nuits Villages 1934 de Léon Grivet. Curieusement, sa robe est juste tuilée, et ne laisse absolument pas transparaître son âge. Le nez, bien que présentant une légère imperfection, n'est pas sans intérêt sur des notes de truffe et de sous-bois. La bouche quant à elle impressionne par ce qu'elle a conservé de fraîcheur et d'énergie... On ne peut que s'incliner devant ce fabuleux témoignage d'un autre temps !

 Nuits Villages



    Des remerciements tous particuliers….

A Andrée et Jean-Louis TRAPET pour leur professionnalisme, leur gentillesse et leur disponibilité,

Au Canon d’Or, pour la qualité de son accueil et de ses prestations,

et, comme toujours, aux AvInturiers,….pour leur savoir boire !

 



  Sur le vin