...AU CANON D'OR !

 

La Sélection du Chef

 

Gilles, Marie-Laure et leur équipe maîtrisent si bien l'art du "savoir recevoir" que nos AvInturiers se réjouissent de s'y retrouver mensuellement pour y accomplir leurs "Travaux Bacchiques". Distingué par la Revue du Vin de France en 2014 pour sa carte, le restaurant jouit d'une cave exceptionnelle qui regorge de trésors que tous les amateurs de la région (et même de bien plus loin !) se plaisent à déguster en accompagnement des succulents mets concoctés par le Chef.

Pour leur dernière soirée de l'année, baptisée "Prestige", les AvInturiers ont donc tout naturellement souhaité laisser carte blanche au Canon d'Or, tant pour le repas de fête que pour la sélection des vins. Vins dégustés à l'aveugle, il va sans dire... AvInture oblige !

 

La mise en bouche se fait avec un Champagne rosé brut non millésimé magnum de la Maison LANSON. Nous ignorons totalement l’âge de ce nectar, mais nul doute, au regard du bouchon, qu’il a vraisemblablement dépassé la trentaine ! Sa robe est d’un rose saumon pâle, ennoblie de magnifiques reflets orangés, presque tuilés. Après une courte phase d’aération, indispensable compte tenu de son grand âge, on sent poindre de délicats parfums de fruits rouges, d’encens et de moka portés par une fine effervescence. La bouche est délicatement vineuse, fraîche et équilibrée avec, tout juste, une pointe d’amertume que l’association avec une soupe de potiron se charge aisément de gommer.

 

L’entrée, une truite saumonée marinée et son espuma à la sauge, est servie accompagnée de deux blancs de styles totalement différents, voir même opposés.

Le premier, un Corton-Charlemagne Grand Cru 1983 de la Maison LOUIS LATOUR, montre une robe d’un jaune or soutenu avec un nez puissant et complexe, sur la minéralité, les fruits bien mûrs, et de fines notes fumées et de grillé. La bouche est grasse, onctueuse avec un coté racé digne des grands blancs de la Côte de Beaune dont le vin est issu. On se délecte de ce vin plus que trentenaire arrivé son apogée !

 Corton-Charlemagne 1983

 

Le second blanc, un Riesling « Frédéric Emile » 1995 magnum du Domaine TRIMBACH est tout aussi racé, mais fait prévaloir son droit à vieillir encore de très longues années. Vif, tendu, sur des notes de citron de fruits exotiques avec cette minéralité propre au cépage, il faudra bien encore dix à quinze ans pour que ce flacon atteigne son optimum. On reste pantois devant ce monstre de puissance !

 

FE 1995

 

 

Les deux vins rouges servis en accord avec le plat suivant, un quasi de veau accompagné de ses petits  légumes jouent quant à eux dans un même registre de maturité.

Le Beaune 1er Cru Les Cras 1976 de P. Naudin-Varrault  présente une robe sombre avec un disque à peine tuilé. Le nez est encore sur la griotte avec de fines notes de sous-bois, de cigare et d’épices. La bouche est dense, équilibrée avec une fraîcheur minérale et une puissance qui nous orienterait presque du côté de la côte de Nuits. Encore incroyablement jeune et tout en nuances, ce vin a comblé les palais des amateurs de bourgognes authentiques. Superbe !

 Beaune 1er CRU

A côté de lui, le Châteauneuf-du-Pape 1983 du Domaine de BEAURENARD assure. Sa robe est moins sombre, mais sa palette aromatique jouit d’une complexité impressionnante. Son évolution dans le verre nous livre, palier par palier, une multitude de parfums : fruits noirs, épices, garrigue, minéralité, anis, cèdre, encens…et j’en oublie !

La bouche est élégante et rafraîchissante, avec des tannins qui apportent du relief et  de la vivacité. La finale est longue, nous rappelant, caudalie après caudalie, toutes les sensations olfactives… Absolument magnifique !

 Châteauneuf-du-Pape

 

 

Le dessert est accompagné d’un Gewurztraminer Vendange Tardive 1990 du domaine HUGEL qui achève cette soirée en apothéose. Pur, fin, harmonieux, d’un équilibre cristallin, il rafraîchit et prolonge une bouche complexe par ses amers savoureux et persistants. Un chef d’œuvre !

Gewurztraminer VT 1990 HUGEL

 

Ainsi s'achève cette magnifique soirée qui met un terme à une année 2015 pleine de découvertes,de sensations et d'émotions . Il est bien plus de minuit lorsque nos festivités prennent fin, non sans avoir savouré quelques quilles supplémentaires comme un Poiré d’Eric Bordelet, un Champagne Grand Cru de la maison Lallier, un Saumur-Champigny « Franc de Pied » 2010 de Thierry Germain ou encore un excellent Bourgueil 1976 (dont j'ai oublié la provenance...Il était temps de prendre congé, je pense...)

A tout bientôt,

pour de nouvelles... AvIntures !

 



L'art de la dégustation,

en images...

 

Photo 6

L'art du travail en équipe...

 

Photo 8

L'art de servir le vin...

 

Photo 1

L'art du semblant de réflexion...

 

Photo 2

L'art de se faire oublier...

 

Photo 3

L'art du "souffler n'est pas jouer"...

 

Photo 4

L'art de parler en buvant ou de boire en parlant... va savoir !

 

Photo 5

L'art de se régaler du plaisir fait aux autres...

 

Photo 7

L'art de lorgner sur le verre des autres...

 



 

Bonne et heureuse année 2016